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25ème Comité Consultatif Franco-Canadien des pêches à Ottawa

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Mercredi 13 et jeudi 14 mars se sont tenues à Ottawa les réunions du 25ème Conseil Consultatif des Pêches Franco-Canadien.

Notons tout d’abord le climat plus serein des discussions, en comparaison des trois années précédentes qui avaient été marquées par des tensions majeures et l’échec d’un accord à l’issue des discussions.

Les principaux points à retenir de la première journée du CCFC :

  • Malgré une embellie ces deux dernières années, les scientifiques Français et Canadiens ont présenté des scenarii pessimistes et préoccupants à court terme, concernant le stock de morues du 3PS.
  • Le chef de fil de la délégation Française, Laurent Bouvier, a insisté sur les enjeux vitaux pour SPM de la pêche, économiquement et socialement, cependant, la délégation Française préconise une pêcherie durable et une gestion des stocks responsable.
  • Compte tenu des rapports scientifiques, les Canadiens ont proposé pour 2019 un statu quo, soit la reconduction des taux de capture de 2018.
  • La construction d’un nouveau modèle d’évaluation des stocks de morue, initié depuis un an conjointement par les scientifiques Français et Canadiens, devrait aboutir à la fin de l’année 2019. Ce nouveau système devrait notamment permettre de dissocier la part de mortalité naturelle de celle provoquée par la pêche. Une telle différenciation devrait alors concourir à mieux appréhender le très fort taux de mortalité constaté chez les morues adultes.
  • A contrario de la morue du 3PS, on assiste à une explosion du stock de sébaste. Les scientifiques estiment à plus de 2 millions de tonnes la biomasse, du jamais vu selon IFREMER. La très bonne santé du stock de sébaste ouvre donc de nouvelles perspectives à nos pêcheries.
  • Le Canada propose aussi la mise en place d’un système de surveillance cogéré des bateaux par satellite dans la zone.

La première journée de cette édition 2019 du CCFC s’est donc conclue sur un accord, ce qui n’était pas arrivé depuis 3 ans.

Cependant, le message des scientifiques de l’IFREMER et de Pêche et Océan est très clair : nous risquons d'entrer très vite dans une zone rouge concernant la morue du 3PS, aussi est-il impératif que dès à présent nos pêcheries tiennent compte de ce déclin annoncé et amorcent une mutation nécessaire de leurs activités de pêches afin de préserver la ressource.

La deuxième journée du CCFC était principalement consacrée à la présentation par les deux délégations de mesures environnementales entreprises par les deux pays.

Il a été question :

  • Des mesures prises par le Canada et la France en matière de lutte contre les funestes conséquences de la « pêche fantôme », à savoir les dégâts causés par les outils de pêche dérivants et autres activités humaines.
  • De zones marines protégées.
  • Des mesures prises par le gouvernement Canadien dans le Saint-Laurent pour protéger les baleines noires de l’Atlantique qui sont en voie de disparition ou encore les préconisations du gouvernement Français pour lutter contre les prises accidentelles ou les blessures accidentelles de petits cétacés, notamment le dauphin commun.

Ont également été évoquées la question du saumon et les prochaines réunions de l’ICCAT et de l’OPANO. A noter que l’édition 2019 de l’OPANO se déroulera en France à Bordeaux en septembre.

Le dernier sujet discuté n’était pas prévu à l’ordre du jour initial, mais a été proposé par la délégation Française, et finalement accepté par la délégation Canadienne. Il s’agit du sujet très sensible du flétan blanc, un irritant dans les discussions bilatérales depuis 3 ans.

La veille, la délégation Française avait saisi officiellement la partie Canadienne en lui proposant de reprendre la discussion sur la base d’un arrangement administratif datant de 2016, avec quelques modifications et mises à jour, notamment concernant une réévaluation du quota qui serait attribué à la France.

Contrairement aux 3 années précédentes où le Canada avait refusé systématiquement l’ouverture de discussions à propos du flétan blanc, la délégation Canadienne a accepté d’évoquer le sujet et de l’inscrire à l’ordre du jour officiel, bien que n’ayant pas mandat pour prendre des décisions sur le moment.

La partie Française a exprimé son souhait de voir ces discussions aboutir d’ici l’été 2019. La partie Canadienne s’est déclarée satisfaite de la démarche de la France et s’est engagée à fournir des premiers éléments de réponse d’ici 1 mois.

Si un accord pouvait être trouvé entre les deux pays, l’interdiction de débarque de flétan blanc au Canada devrait être levée et nos pêcheries pourraient alors bâtir un plan de pêche sur cette espèce économiquement très intéressante.

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