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Saint-Pierre et Miquelon, moteur… action !

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catournespm2Photo © Ça Tourne à Saint-Pierre et Miquelon

Paysages glacés… rues colorées … nature préservée… mais aussi terre aux histoires multiples, familières malgré leur éloignement de la métropole… Notre archipel, par la diversité des facettes qu’il peut donner à voir et à raconter, fascine depuis longtemps le 7ème art. Et les réalisateurs ne s’y trompent pas. Depuis plusieurs années, Saint-Pierre et Miquelon est dans le viseur de nombreuses productions que ce soit pour le cinéma, le documentaire ou encore pour la télévision.

D’ailleurs, à ce titre, l’Archipel va accueillir pour un repérage dès ce mois de novembre, pour un tournage début 2020, l’équipe de la série policière Maroni, produite par Arte, qui a choisi de tourner sa deuxième saison à Saint-Pierre et Miquelon. L’occasion de rappeler à quel point Saint-Pierre et Miquelon s’est retrouvé dans l’objectif de nombreux objets filmés, que ce soit en tant que décor ou… personnage principal.

Du Crabe tambour à Utopia, entre tempêtes et résilience…

C’est par le long métrage que Saint Pierre et Miquelon fait son entrée dans le cinéma. Avec Le Crabe Tambour, Pierre Schoendoerffer marque les esprits en 1977 en réunissant dans ce film Jacques Perrin, Claude Rich, Jacques Dufilho et Jean Rochefort. Quatre officiers qui se sont connus en Indochine et qui se retrouvent sur les bancs de Terre-Neuve… L’Atlantique nord y est magnifiquement filmé, avec d’éblouissantes scènes de tempête tournées au nord du Finistère et… au large de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Trente-trois ans plus tard, Patrice Leconte fait de Saint Pierre et Miquelon et d’un fait divers local sordide qui a secoué l’île, le sujet principal de son film avec La Veuve de Saint Pierre (2000). Fondé sur une histoire vraie de meurtre qui s’est déroulé sur l’Ile aux Marins, en rade de Saint-Pierre, au 19ème siècle. Le film n’a cependant pas été tourné à Saint-Pierre, mais non loin, à Louisbourg, et dans les alentours du Cap Breton, sur le continent canadien. Paysages enneigés, brume et silence nappent le film dans une ambiance d’attente et de tension réalistes.

Dans un tout autre registre, et plus près de nous, Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon est une comédie dont le tournage vient de s’achever sur l’Archipel cet automne et dont la sortie est prévue au cinéma en mai 2020. Trois semaines intenses de tournage qui ont conduit l’équipe du réalisateur Christian Monnier à Langlade surtout, mais aussi à Miquelon, à Saint -Pierre et à l’Ile aux marins, inspirée par la lumière et les paysages authentiques du territoire … Aux cotés des acteurs professionnels comme Jules Sitruk et Céline Mauge, de nombreux comédiens amateurs et locaux font partie du casting.

Long métrage… mais aussi court, comme Jenna, du même Christian Monnier, qui était déjà venu en 2017 poser ses caméras sur l’Archipel pour réaliser son film racontant le retour d’une jeune femme sur son île après douze ans d’absence, pour assister aux obsèques de sa sœur… Un film qui a ensuite été diffusé en festival et dans les salles obscures de la métropole.

L’immensité de l’océan qui entoure notre archipel, ses couleurs glacées en hiver et ses paysages parfois fantômatiques ont également inspiré la chanteuse Laura Cahen, qui a choisi Saint-Pierre et Miquelon pour illustrer le titre d’une de ses chansons, Loin de son album Nord, sorti en février 2017. Un clip tourné dans le cadre d’une résidence d’artiste et qui aura laissé des souvenirs mémorables à l’équipe de tournage, qui a dû composer avec une météo changeante et extrême, et des températures négatives qui faisaient geler les batteries des caméras et givrer les objectifs!

Saint Pierre et Miquelon a également nourri bon nombre de documentaires télévisés. Ce « bout de France aux portes de l’Atlantique », selon la formule consacrée, fascine les rédactions qui y envoient régulièrement des équipes pour illustrer un sujet. Pêche, nature préservée, traditions basque, bretonne et normande, patrimoine bâti admirable, Histoire de la France en Amérique du Nord… l’Archipel offre une diversité de sujets pour rassasier la curiosité des journalistes de métropole et de partout ailleurs dans le monde. Il montre un autre visage de l’Outre-Mer, loin des clichés, plus confidentiel et insolite. Dernier en date, celui diffusé au JT de TF1 début novembre, devant des millions de téléspectateurs.

Des auteurs, touchés par l’histoire du « Caillou », veulent aussi en livrer leur vision, comme Patrick Viret qui signe avec La Forme des îles (2015), puis Le goût du retour (2015) et l’Isthme de Langlade ( 2017), une sorte de trilogie documentaire autour de ce territoire qui le fait rêver, qui est selon lui «… un défi à l’imagination… inconnu à force d’être méconnu….et qui, depuis des siècles, s’obstine à être habité, à être français et… à être ignoré. »

Plus récemment, Lionel Boisseau, journaliste et réalisateur, a séjourné à Saint-Pierre et Miquelon pour le tournage d’un documentaire sur l’hiver dans l’Archipel. Un film réalisé avec pour fil conducteur la vie des descendants d’une famille de Miquelon : les Vigneau.

Enfin cet été encore, le grand public a pu découvrir l’île grâce à un documentaire qui a choisi d’illustrer les initiatives durables dans les communautés insulaires à travers le monde. Dans Utopia (2019) de Adrien Prenveille et Fanny Rubia ont choisi Saint Pierre et Miquelon pour sa volonté d’exemplarité dans le traitement de ses déchets.

Saint Pierre et Miquelon, d’épisodes en saisons.

Un tournage qui aura laissé des souvenirs impérissables parmi les habitants saint-pierrais : celui de la série Entre Terre et Mer d’Hervé Baslé , diffusée en 1997 sur France 2.

Six épisodes de 90 minutes qui auront largement contribué à faire connaître auprès du grand public l’histoire de la pêche à la morue pratiquée au début du 20ème siècle sur les Grands Bancs de Terre-Neuve et de Saint-Pierre et Miquelon.

Les premières scènes se déroulent à Saint-Pierre et Miquelon, et plus précisément sur l’île aux marins, juste en face de la rade. Le trois-mâts goëlette « La Charmeuse » y fait relâche, après trois mois de mer. Les marins posent pied à terre, attendus et redoutés à la fois par la population.

Les 6 épisodes de la saga ont été suivis par une moyenne de 5 millions de téléspectateurs, la série remportera 3 récompenses : Meilleure Série, Meilleur Réalisateur et Meilleur Auteur ou Scénariste de Fiction.

Productions françaises… mais aussi américaines ou canadiennes, comme la récente venue de l’équipe de tournage de la série TV Hudson & Rex qui est venue pour tourner quelques scènes sur l’Archipel de sa saison 2 en septembre dernier. Cette série télé, entièrement produite à Terre-Neuve, présente les aventures de l’inspecteur Charlie Hudson et de son fidèle compagnon, un berger allemand nommé Rex. La série est aujourd’hui vendue sur la scène internationale, et la première Française de l’émission est programmée pour l’automne sur les ondes de France 3.

Et enfin, on peut lire actuellement dans les annonces locales que la série Maroni, produite par ARTE et diffusée sur cette même chaîne, recherche des comédiens pour sa saison 2, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle sera tournée aux mois de janvier et février dans l’Archipel…

Cette revue (non-exhaustive) des différentes productions accueillies ici à Saint-Pierre et Miquelon démontre, s’il en était besoin, que notre territoire, par son aspect, son histoire, ce qu’il raconte et donne à voir, est une source infinie d’inspiration.

L’Archipel crée aussi des vocations, à l’instar du jeune réalisateur SPM, Kilian Huet (bande démo 2019), dont le court-métrage Magister est programmé dans de nombreux festivals nationaux et internationaux.

Dans leur rapport parlementaire : « La filière audiovisuelle : source d’opportunités et de visibilité pour les Outre-mer« , les députés Maina Sage et Stéphane Claireaux ont démontré tout l’intérêt du secteur de la production audiovisuelle et cinématographique pour nos territoires ultramarins, car nous avons de nombreux atouts en Outre-mer en termes de richesses scénographiques, de diversité culturelle et naturelle, et Saint-Pierre et Miquelon a beaucoup à offrir aux réalisateurs, quel que soit le format (documentaire, magazine, fiction…).

L’accueil, l’accompagnement des équipes qui viennent du monde entier pour mettre en lumière Saint-Pierre et Miquelon est déterminant si nous voulons faire vivre ce secteur qui, ne l’oublions pas, pourrait être une niche économique supplémentaire pour notre archipel, en termes de retombées locales, mais également un formidable vecteur de promotion pour sa visibilité et son attractivité au-delà de nos frontières.

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