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Rencontres sur le terrain

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Faire le choix de s’installer à Saint-Pierre-et-Miquelon pour y exercer son métier, qu’on en soit originaire ou non, c’est le pari de cinq entrepreneurs qui ont récemment commencé leur activité sur notre territoire et que Stéphane Claireaux est allé rencontrer sur leur lieu de travail.

Que ce soit dans le domaine du soin pour les infirmières libérales Laurie Yon et Annaïck Tanguy, ou dans la restauration pour Yann Le Bollocq et les associés Loïc Tanneau et Paul Coste, leur tendre une oreille attentive s’avère riche d’enseignements sur l’état de santé actuel du tissu socio-économique de notre archipel.

creperie

Loïc Tanneau et Paul Coste sont les jeunes repreneurs de la Crêperie du Vieux Port, qu’ils ont ré-ouvert ce mois de février en reprenant la formule crêperie, mais avec des idées à revendre dans les mois à venir pour s’adapter aux demandes de la clientèle locale comme étrangère. Conscients des besoins importants de notre territoire en terme de restauration, saluons leur envie de vouloir tenter une ouverture à l’année, ainsi qu’une ouverture à 18h00 et plusieurs services en saison haute pour satisfaire la clientèle étrangère. Mais leur enthousiasme palpable lors des échanges n’a pas pour autant masqué les difficultés auxquelles ils sont confrontés en tant que jeunes chefs d’entreprise.

En premier lieu, et sans surprise, ils pointent du doigt la grande difficulté de recruter du personnel, que ce soit en cuisine ou pour le service en salle. Manque de candidatures, ou quand ils se manifestent, candidats peu motivés par les horaires exigeants de ce secteur malgré un salaire honnête… Le problème de la main d’œuvre en restauration, déjà très sensible en métropole, devient criant sur notre territoire. Pour la crêperie, leur souhait d’ouvrir toute l’année dépendra du personnel qu’ils parviendront à recruter.

bistrot

Même son de cloche du côté du « Bistro de la Gare », anciennement les « Délices de Joséphine », qu’a repris Yann Le Bollocq. Même difficulté à recruter du personnel, au point qu’il ne peut pas servir autrement qu’en vente à emporter pour le moment faute de service possible en salle. De même, Yann Lebollocq s’est formé à la cuisine italienne mais doit pour l’instant limiter sa carte à des pizzas, faute de pouvoir servir dans de bonnes conditions. Il espère cependant une ouverture le midi, mais sur réservation, pour pouvoir servir convenablement sa clientèle.

Une pénurie de main d’œuvre que le coût de la vie sur l’Archipel ne va pas résoudre : offre de locations faible et mal identifée, loyers trop élevés, attractivité fragile du territoire : ces raisons trop souvent évoquées sont hélas une réalité qui d’année en année épuise un peu plus le dynamisme économique local et touchent de plein fouet le secteur privé. A ces difficultés s’ajoute la question sensible pour les restaurateurs de l’approvisionnement en matières premières, de leur délai de livraison, et de la difficulté de trouver de la constance dans la fraîcheur des produits.

infirmieres

A domaine d’activité différent, le problème du coût de la vie revient aussi dans les propos de Laurie Yon et Annaïck Tanguy. Ces deux infirmières originaires de l’Archipel ont fait le choix d’ouvrir leur cabinet libéral à Saint-Pierre, en ville, en choisissant d’opérer un « retour au pays » après avoir travaillé à l’étranger et en métropole.

En plus des actes à leur cabinet, elles proposent des interventions à domicile pour des soins courants : prises de sang, pansements, injections, diabète, perfusions…etc…

Cependant, alors que les demandes sont potentiellement nombreuses sur l’Archipel, les coûts liés à l’installation (loyer, matériel) de leur cabinet infirmier « Aux petits soins » sont tels, que l’équilibre financier n’est pas encore atteint et que Laurie et Annaïck doivent compléter leur activité en travaillant ailleurs.

Vie chère, crise du logement, déficit d’attractivité du territoire, « résistance » locale face à de nouveaux arrivants qui bousculent un peu les habitudes… ces témoignages rappellent que se lancer à son compte peut malheureusement relever du parcours du combattant à Saint-Pierre et Miquelon.

Nous devons pourtant prendre conscience qu’il faut encourager le développement du secteur privé localement. Son essor et sa bonne santé sera bénéfique à tout le territoire, mais ne sera possible qu’en s’attaquant sérieusement aux difficultés identifiées plus haut, en améliorant en plus, l’accueil et l’accompagnement des porteurs de projet, et en ajoutant aussi un brin de bonne volonté administrative.

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